Histoire de foot : Zidane en finale de la coupe du monde 2006

Beaucoup ont commenté l’incident de la finale de la coupe du monde 2006 (France-Italie) avec plus ou moins d’objectivité et bien sûr, de sérénité, au lendemain d’une finale de coupe du monde. Zidane est un simple d’esprit disent les plus basiques. Il a vu rouge à cause des insultes, j’aurais fait la même chose disent les inconditionnels tout comme ceux qui ne font pas la différence entre se faire voler la priorité à un carrefour et jouer la finale de la coupe du monde. A l’image de la démesure qu’a prit l’incident, la presse a publié autant d’éditoriaux sur ce coup de sang que suite aux évènements majeurs du XXIeme siècle.

Cependant dans tous ces articles, en soulignant au passage un superbe papier de BHL dans le Wall Street Journal, il n’a pas été fait de lien entre une tête de Zidane repoussée in extremis par le gardien Buffon et quelques minutes plus tard la funeste agression. Pourtant, et c’est l’explication que j’ose ici, ces deux événements sont liés par une relation directe de cause à effet.  Zidane appartient au club très fermé des sportifs touchés par la grâce de la victoire : c’est la science de placer au moment le plus décisif le coup qui fait mouche. Peu importe que ce geste soit accompli dans les règles de l’art ou complètement inventé sur le vif, ces sportifs réussissent au moment le plus adéquat, le plus approprié, l’acte gagnant et de ce fait endossent à eux seuls les plus belles victoires.

Ces sportifs d’exception savent que dès que l’enjeu le prescrit, se présentera à eux, l’espace d’un souffle, cet instant toujours fuyant qui ouvre les portes de la gloire.

C’est ce que les italiens appellent « l’attimo fugente ». Ce rayon de gloire qui se pose le temps d’un clin d’œil pour s’enfuir et disparaître aussitôt. Le commun des mortels-sportifs, aussi talentueux qu’il soit,  ne le voit même pas, ne le saisira jamais, ne sera pas non plus admis dans le cercle exclusif des plus Glorieux. Seuls les vrais anges, touchés par la grâce reconnaissent, comme leur seconde nature le leur dicte, l’avènement de l’instant fuyant et savent en prendre possession. A cette seconde, la gloire les touche faisant d’eux ce qu’ils sont.

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