Histoire de foot : Zidane en finale de la coupe du monde 2006 – fin

Alors, que s’est-il passé durant la finale de la coupe du monde à Berlin ? Zidane, l’élu de toutes les gloires, l’ange de toute une nation, a vu sa tête repoussée par le gardien adverse. Pour la première fois de sa vie l’instant précieux l’a fuit. Il n’a pas su le retenir dans ses filets. Pourtant tout était réuni. Son dernier match, un enjeu extraordinaire, une finale qui avait mijoté de longues minutes à égalité et dont la marmite était prête a exploser, le k.o. soufflait et vacillait d’un camp à l’autre et pourtant… pas de réalisation. Sagnol qui avait raté presque tous ces centres pendant la compétition réussi le centre parfait, tendu et précis.

Zidane se retrouve seul, planté au point de penalty. Pas d’arrière italien, ni à droite, ni à gauche, dans une défense pourtant ultra dense. Zidane sait qu’il est enfin devant l’attimo fugente, le moment ou la gloire le frôle et lui ordonne de s’élever avec le timing idéal pour porter son coup. Parfait contact entre son crâne et la balle qui part puissante, cadrée, victorieuse…pourtant ce jour là, la gloire a fuit Zidane pour la première fois. Ce coup de tête ne fera pas mouche et ne sera pas montré sur tous les écrans du monde des millions de fois.

Cette action de jeu tombera dans l’oubli comme les myriades de lattes, de poteaux et de buts ratés par les joueurs communs, sans aile dans le dos. Alors, dans les minutes qui suivent la déception est immense, celle de ne pas être ce soir là « l’ange bleu » tout de blanc vêtu. Zidane réalise que ce jour là, la porte du club des champions cosmiques et intemporels lui est restée close. Woods avait rentré son putt, Jordan en complet déséquilibre, avait mis son panier victorieux, Maradona avait slalomé avant de conclure, mais Zidane, ce 9 juillet 2006 a vu sa tête sortie par le gardien adverse.

Il hurle sa rage, cela ne suffit pas à expulser sa détresse naissante. Dès lors, il perd peu à peu le contrôle de lui. Son esprit n’est plus aussi alerte, il sait qu’il a raté son rendez-vous avec l’ultra postérité : 4 buts en 2 finales de coupe du monde, du jamais vu ! Il laisse alors ses vieux démons refaire surface, il a les nerfs à fleur de peau et à ce moment,

ultime coup du sort, il croise le chemin du défenseur italien. La suite n’est que l’aboutissement d’un processus. L’italien l’insulte, une fois de plus. On avait pourtant prévenu tout le monde sur l’état d’esprit de Materazzi. Personne n’avait  réagi jusque là.

Lorsque l’arbitre brandit le rouge, Zidane quitte la scène mondiale tête basse. Non pas parce qu’il a commis un acte d’une agressivité absurde, il ne le regrette pas et ne le regrettera pas, mais parce qu’il sait que la coupe du monde lui a échappé. Pas la peine d’attendre la fin du match, Zidane en connait l’issue. Ce soir là, il avait rendez-vous avec le panthéon des sportifs les plus exclusifs de toute l’histoire de l’humanité. La gloire lui a posé un lapin par une ultime dérobade : la main du gardien.